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Une culture de mendicité.

Une culture de mendicité

On apprenait recemment que les pays du G-8, dont fait partie le Canada, ont confirmé leur promesse d'aider l'Afrique et qu'ils débloqueront 60 milliards de dollars d'ici à 5 ans.

On ne peut rester indifférent face à la pauvreté extrême qui afflige l'Afrique, et il est de notre devoir d'agir. Mais si elle permet de satisfaire des besoins immédiats, l'aide financière constitue-t-elle la meilleure solution à long terme ?

En 50 ans, les pays riches ont versé 830 milliards à l'Afrique. C'est la partie du monde qui reçoit le plus d'aide internationale. Malgré tout, elle reste la plus pauvre de la planète, en dépit de son potentiel économique énorme, de ses réserves de pétrole importantes et de ses ressources minières.

Non seulement l'aide internationale n'a-t-elle pas été efficace, mais encore la plupart des pays d'Afrique subsaharienne se sont appauvris au cours des dernières décennies à un rythme moyen de 0,6 % par an.

Si l'Afrique stagne dans la misère, ce n'est pas en raison du manque de générosité de l'Ouest, mais parce qu'à peine 20 % de l'aide internationale parvient réellement aux populations démunies. L'essentiel de l'aide sert à acheter des armes ou est détourné par des dirigeants corrompus. Quant aux sommes qui restent dans le pays, elles contribuent au favoritisme, alimentent la corruption et engendrent une gouvernance malsaine.

Plutôt que de miser sur la pitié des pays riches, ceux qui veulent aider l'Afrique devraient s'inspirer de l'expérience des pays de l'Asie de l'Est. En 1960, ils étaient aussi pauvres, sinon plus, que ceux d'Afrique subsaharienne. Mais ils ont réalisé de véritables miracles économiques et sont aujourd'hui prospères. Singapour a vu son niveau de vie augmenter de 1 048 % entre 1960 et 2005, alors que celui de la Côte d'Ivoire ne s'est amélioré que de 2 % et que celui du Zimbabwe a régressé de 9 %. Pourquoi l'Asie a-t-elle réussi là où l'Afrique a échoué ?

C'est que l'Asie a compris l'importance de faire du commerce et d'encourager le travail et l'esprit d'entreprise. Elle a ouvert ses marchés, facilité les exportations, maintenu des tarifs minimes sur les importations, éliminé les quotas et combattu la corruption. Ce faisant, elle a créé un contexte économique favorable à l'entreprise privée, à l'investissement et aux échanges commerciaux, autant de facteurs indispensables à l'enrichissement d'une société. LA RÉGION LA PLUS PROTECTIONNISTE Pendant ce temps, l'Afrique a emprunté le chemin contraire. Elle est devenue la région la plus protectionniste de la planète et s'est enlisée dans l'oppression politique, le dirigisme économique, la bureaucratie, la corruption, l'absence de la primauté du droit et le mépris des libertés individuelles. Dans un tel contexte, aucun enrichissement ne sera jamais possible. Et le fait de doubler l'aide internationale n'y changera rien. Les pays riches ont néanmoins un rôle important à jouer. S'ils étaient sincères dans leur lutte contre la pauvreté, ils aboliraient les tarifs douaniers et ouvriraient leurs frontières aux denrées agricoles africaines. Au lieu de cela, ils se contentent de s'acheter une bonne conscience en envoyant de l'argent. Il est noble de vouloir aider l'Afrique. Mais elle seule possède le pouvoir de se sortir du bourbier dans lequel elle est. Au lieu d'entretenir une culture de mendicité, l'Afrique devrait réformer ses institutions, s'intégrer à l'économie mondiale et abattre les obstacles à l'entrepreneuriat. Un proverbe africain dit qu'on ne peut aider un boeuf à se relever que s'il s'efforce lui-même de le faire. Des paroles sages dont les dirigeants africains devraient s'inspirer !

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